Vol.6 Création du 9S85, la nouvelle génération de calibres high-beat

Vol.6 Création du 9S85, la nouvelle génération de calibres high-beat

PARTIE 1

Une nouvelle équipe avec de nouvelles solutions

Le Calibre 9S relève le défi des 10 alternances

Dit simplement, il y a deux façons d’accroître la précision d’une montre mécanique : augmenter le diamètre du balancier, qui maîtrise la précision, ou augmenter le nombre d’alternances. La taille du balancier sera néanmoins toujours limitée à la taille de la montre. D’un autre côté, augmenter le nombre d’alternances réduit la réserve de marche et accroît la difficulté de maintenir le bon niveau de lubrification protégeant les pièces de l’usure. Que faire, donc ? Telle était la question, et le défi à relever était alors clair lorsque le projet d’affiner la précision du calibre 9S a été lancé.

« Allez-y. » Hisashi Fujieda, un jeune ingénieur alors dans la vingtaine, se remémore le sentiment d’euphorie qui l’a envahi lorsque son patron lui a adressé ces mots. Il a alors entrepris d’analyser de nombreux mouvements anciens, de se plonger dans l’énorme quantité de données techniques à disposition de la société, allant chercher des explications auprès d’ingénieurs plus expérimentés lorsqu’il se trouvait face à quelque chose qu’il ne comprenait pas. Sur la base de ce travail, et avec la coopération du bureau de prototypage situé à Morioka, il est parvenu à créer des modèles expérimentaux de mouvement mécanique à 10 alternances. A travers ce processus, les grandes lignes d’un mouvement de haute précision ont commencé à se dessiner dans l’esprit de Fujieda.

La première tâche consistait à surmonter les contradictions. Le chemin le plus direct et le plus facile vers la réalisation pratique d’une plus grande précision était d’augmenter les oscillations du balancier. Mais il était également crucial d’éviter toute réduction de la réserve de marche et de garantir la rétention d’huile, ainsi faisant, préserver également la résistance du mouvement. La perte d’huile était connue comme cause de fragilité dans un mouvement à 10 alternances et devait donc être évitée à tout prix. Pour élaborer un mouvement à 10 alternances digne de la marque Grand Seiko, ce défi devait être relevé sans remettre en cause aucun des éléments intrinsèques à une montre qui est portée quotidiennement.

Il y avait deux leviers pour atteindre cet objectif ; d’abord, développer de nouveaux matériaux pour les deux ressorts qui gouvernent l’énergie et la précision de la montre et, ensuite, optimiser les propriétés de rétention d’huile de l’échappement en ayant recours à une nouvelle technologie d‘usinage pouvant offrir un plus haut niveau de précision. Il leur a fallu du temps, mais l’équipe a fait des progrès dans ces deux domaines qui ont donné naissance au calibre 9S85 en 2009. Cette réussite signifiait également que le relais avait été transmis avec succès, à une nouvelle génération de créateurs de montres dont on pouvait être sûr que le développement des mouvements mécaniques Grand Seiko pour le 21ème siècle était entre de bonnes mains.

 

 

PARTIE 2

En savoir plus sur le Calibre 9S

Mouvement high-beat 45GS, sorti en 1968

8 alternances ou 10 ? Une question simple aux conséquences complexe

Le doux tic-tac d’une montre mécanique est le son produit par les palettes d’ancre s’engageant dans les dents de la roue d’échappement, à chaque oscillation du balancier. Dans la plupart des montres mécaniques, on perçoit ce son huit fois par seconde, signe qu’il s’agit d’un mouvement à 8 alternances. Les mouvements du poignet du porteur de la montre, tout comme la gravité elle-même, peuvent avoir un impact non négligeable sur la précision avec laquelle l’échappement fonctionne, le défi consiste donc à trouver des façons d‘en minimiser les effets. L’approche évidente serait d’augmenter le nombre d’alternances, et de nombreuses manufactures horlogères ont effectivement suivi cette voie. Le fait, cependant, qu’il y ait au monde si peu de mouvements à 10 alternances est plus que parlant, il démontre l’extrême difficulté qu’il y à, à atteindre le degré nécessaire de résistance des composants, étant donné la contrainte supplémentaire que leur impose un nombre plus élevé d’alternances par seconde. Depuis les années 1960, Grand Seiko fut l’un des très rares fabricants horlogers à relever ce défi, sous la forme des mouvements à 10 alternances 4529 et 6145.

Un barillet contenant un ressort principal

De nouveaux alliages pour une meilleure performance

Augmenter le nombre d’oscillations du balancier implique pour le ressort principal une consommation d’énergie proportionnellement plus grande. Passer d’un mouvement à 8 alternances à un mouvement à 10 alternances nécessite 1.5 fois plus de couple et aboutit à presque 40 pour cent de perte de réserve de marche. Augmenter la résistance aux impacts et conserver efficacement l’énergie du spiral, qui est une partie du balancier, est essentiel. Seiko Instruments a travaillé avec des universités et des instituts de recherche pendant plus d’un demi-siècle pour développer des ressorts. Le ressort principal du 9S85 est en Spron 530, un alliage créé au terme de près de six années de recherche et de développement. Environ cinq années de travail acharné ont également été nécessaires à l’élaboration du Spron 610 utilisé pour le spiral. La création du Calibre 9S85 à 10 alternances n’aurait pas été possible sans ses deux nouveaux alliages et ressorts.

La roue d’échappement

Une nouvelle technique de fabrication pour les composants les plus délicats.

Accroître la précision des pièces détachées était également crucial pour le nouveau mouvement à 10 alternances et rien n’est plus vrai que pour l’échappement, où la précision de la fabrication peut tout particulièrement apporter des gains de performance significatifs. Le balancier dans le calibre 9S85 est usiné à des tolérances d’un millionième de gramme pour garantir la précision de sa rotation aller-retour. De fait, la totalité de l’échappement du calibre 9S85 n’aurait pu voir le jour sans recourir au MEMS (Système Micro Electro Mécanique), une technologie d’usinage ultra précis que la manufacture avait mise au point pour la fabrication de ses semi-conducteurs. Cette technique permet une précision très supérieure, pour les composants complexes, que celle obtenue par découpage. Une résistance plus grande fut obtenue grâce à la création de trous d’allègement dans la roue d’échappement et la fourche d’ancre de même que des cornes étagées sur les dents de la roue d’échappement, ce qui a permis d’améliorer considérablement la capacité de rétention d’huile. Certes le calibre 9S85 utilise un échappement traditionnel, mais c’est un échappement qui concentre ce que la technologie du 21° siècle fait de mieux.

PARTIE 3

Le tout nouveau calibre high-beat 9S85

En 1968, Grand Seiko lançait la première montre à remontage automatique avec mouvement à 10 alternances, fabriquée au Japon. Quarante et un ans plus tard naissait le tout nouveau mouvement à 10 alternances Grand Seiko : le calibre 9S85. Grâce à une nouvelle conception des composants, de nouveaux matériaux et de nouvelles technologies de fabrication, il imposait la nouvelle norme de l’horlogerie high-beat et atteignait des niveaux de précision, de résistance et de fiabilité qui lui valent d’être reconnu comme le high beat du 21° siècle.

Grand Seiko SBGH201G

L’aiguille des secondes d’un bel acier bleu décrivant des cercles sur le cadran blanc est la seule touche de couleur sur ce cadran virginal. Le raffinement du style Grand Seiko s’exprime par la précision qui n’est ni plus ni moins que celle du calibre à 10 alternances 9S85 qu’il renferme. Une réserve de marche maximum d’environ 55 heures, taux journalier moyen de -3 à +5 secondes par jour. Remontage automatique, boîtier en acier inoxydable 40.2mm.