Vol.3 Des aiguilles précises : la clé d’un calibre de précision

Vol.3 Des aiguilles précises : la clé d’un calibre de précision

PARTIE 1

Le cristal de quartz et le spiral

Lorsque le calibre 9F a été lancé, celui-ci comprenait de nombreux composants dont l’équipe de développement dirigée par Kunihara Natori était très fière. Mais ce qui rendait encore plus fier Natori était un composant en particulier : un compensateur de rouages, doté d’un ressort, proche du traditionnel spiral.

Des aiguilles dont le rôle est d’indiquer l’heure exacte

Des aiguilles dont le rôle est d’indiquer l’heure exacte

Lorsque le calibre 9F a été lancé, celui-ci comprenait de nombreux composants dont l’équipe de développement dirigée par Kunihara Natori était très fière. Mais ce qui rendait encore plus fier Natori était un composant en particulier : un compensateur de rouages, doté d’un ressort, proche du traditionnel spiral.

Mais par « ressort », se référait-il à ce même ressort-moteur qui alimente les montres mécaniques ? ou au spiral permettant de contrôler la précision d’un mouvement ? Mais surtout, pourquoi un ressort avait-il été intégré dans un mouvement à quartz ? La réponse est très simple : Natori avait souhaité intégrer un ressort à l’intérieur du calibre 9F afin d’éliminer définitivement le jeu de rouages (espace entre les dents de la roue et les ailes du pignon) provocant le tressaillement de l’aiguille des secondes d’une montre à quartz. Bien que le tressaillement de l’aiguille des secondes soit presque indétectable à l’œil nu, celui-ci représentait pourtant pour Natori et son équipe une imprécision inacceptable dans sa quête de la perfection.

Tous les mouvements à quartz de l’époque étaient construits de manière à faire avancer l’aiguille des secondes pas à pas, d’une seconde à la suivante, ce qui provoquait ce tressaillement de la trotteuse visible à l’œil nu. Pour assurer une parfaite lisibilité, digne de la maison horlogère japonaise, l’équipe de développement souhaitait que l’aiguille des secondes du calibre 9F soit aussi longue que celle des montres mécaniques de Grand Seiko. Cependant, plus l’aiguille était longue, plus le tressaillement était important. Pour pallier cet inconvénient, un nouveau mécanisme a donc été créé. Grâce à ce nouveau mécanisme, baptisé « mécanisme de régulation automatique des à-coups », l’aiguille des secondes s’arrêtait sans à-coups avec une précision absolue. Pour y parvenir, ils ont tout simplement eu recours à une solution véritablement ingénieuse : un minuscule ressort a été ajouté au train de rouages.

L’équipe de développement a souhaité baptiser cette nouvelle avancée technologique, l’aiguille de « Tachiifurumai ». Ce terme japonais se référant aux bonnes manières exprime la réussite de quelqu’un ou de quelque chose avec style et grâce apparemment sans effort. Pour ce calibre d’une précision si remarquable, l’équipe a pensé qu’il était également indispensable que les autres aiguilles et que le passage de la date soient tout aussi précis. Fiers de cette réussite, les ingénieurs ont développé plusieurs nouveaux mécanismes qui améliorèrent toujours la précision et les performances de leur nouveau calibre. Et c’est ainsi que le mécanisme de régulation automatique des à-coups vit le jour.

La première montre animée par le calibre 9F. Ses longues et gracieuses aiguilles sont le signe distinctif des montres à quartz de Grand Seiko : elles font d’ailleurs partie intégrante de son ADN.

PARTIE 2

L’histoire fantastique du calibre 9F

Le secret enfin révélé derrière la magie qui anime le déplacement de l’aiguille des secondes

Le secret enfin révélé derrière la magie qui anime le déplacement de l’aiguille des secondes

Dans plusieurs secteurs industriels, notamment dans celui des moteurs automobiles, des mécanismes utilisant des ressorts sont employés afin de réduire les à-coups. Bien avant l’utilisation d’un spiral, beaucoup d’autres méthodes avaient été envisagées afin de minimiser au maximum les à-coups. Mais la manufacture Grand Seiko a cet avantage de bénéficier d’une certaine longueur d’avance, parce qu’elle se targue d’une longue expérience dans la fabrication de ses ressorts. Et encore aujourd’hui, ses ressorts se targuent d’une efficacité qu’aucun autre n’a été capable d’égaler. Ce qui était assez ironique à l’époque était de constater que Natori et son équipe aient eu recours à une solution provenant du domaine de l’horlogerie mécanique pour relever un défi que leur posait une montre à quartz. Le mécanisme de régulation automatique des à-coups pour le calibre 9F impliquait l’ajout d’un rouage supplémentaire doté d’un ressort, et l’insertion d’une roue permettant de compenser les jeux du train de rouages. Son but était d’exercer une force dans la direction opposée à la rotation du train de rouages. Ce système a permis de minimiser le jeu entre chaque dent de la roue et les ailes du pignon. Le spiral, qui est essentiel à la précision de chaque montre mécanique, s’est vu confier une autre mission : améliorer la précision du mouvement de l’aiguille des secondes dans une montre à quartz.

Un compensateur de rouages doté d’un ressort

La structure d’axe indépendant

La structure d’axe indépendant

Le calibre 9F dispose également d’une structure d’axe indépendant qui est capable de régir le mouvement de l’aiguille des secondes indépendamment du mouvement des autres aiguilles. Dans les pièces d’horlogerie classiques, lorsque la couronne est tirée et tournée pour régler l’heure, la force est transmise par une roue différente de celle qui est utilisée pour déplacer les aiguilles lorsque la montre est en fonctionnement ; provoquant ainsi le tressaillement de l’aiguille des secondes et cette impression d’imprécision visuelle. Encore une fois, l’équipe de développement avait jugé que cela était incompatible avec les hauts standards de précision de Grand Seiko. Pour y remédier, ils ont donc décidé de concevoir le calibre 9F en montant chacune des trois aiguilles sur un axe indépendant. Ainsi, les axes étant séparés, il n’y avait aucun risque que les aiguilles interfèrent entre elles. Grâce à cette structure, lorsqu’un voyageur international ajuste sa montre à un nouveau fuseau horaire, le mouvement de chacune des aiguilles est clair et précis.

La structure d’axe indépendant
Les trois axes sont totalement indépendants.

Un système de contrôle à double impulsion permet l’utilisation de longues et élégantes aiguilles, signature de Grand Seiko

Un système de contrôle à double impulsion permet l’utilisation de longues et élégantes aiguilles, signature de Grand Seiko

Comme les mouvements à quartz produisent un couple plus faible par rapport aux mouvements mécaniques, les aiguilles doivent obligatoirement être plus étroites et plus légères pour pallier au manque de force. Mais ceci n’était en réalité qu’une idée reçue. L’équipe de développement n’avait donc aucune raison de ne pas employer les mêmes longues et larges aiguilles qu’elle utilisait déjà sur la plupart des montres mécaniques Grand Seiko. Un nouveau moteur plus puissant à double impulsion capable de faire tourner ces aiguilles plus lourdes, a donc été spécialement inventé, permettant à chaque montre cette lisibilité optimale, devenue un standard de qualité de Grand Seiko. Le système de contrôle à double impulsion que l’équipe de développement a conçu suit une règle simple : dans un mouvement à quartz ordinaire, l’aiguille des secondes se déplace pas à pas, d’une seconde à la suivante, en effectuant une rotation de six degrés par seconde. Cependant, plus l’angle est petit, moins le couple nécessaire à la rotation doit être important. Pour permettre aux emblématiques aiguilles plus longues et plus larges de Grand Seiko d’indiquer l’heure avec exactitude, l’équipe a donc décidé que l’aiguille des secondes du calibre 9F devait se déplacer alors en deux pas par seconde. Ce mouvement en deux pas, à peine visible à l’œil nu, est pourtant le secret de cette conception et a permis de démontrer une fois de plus que le calibre 9F était capable d’établir un nouveau standard dans le domaine des montres à quartz.

L’impossible rendu possible, grâce à une nouvelle perspective de conception

PARTIE 3

Un héritage de durabilité éprouvée

Grand Seiko SBGX263G

NOUVEAUTÉ 2018

Vingt-cinq ans se sont écoulés depuis la première apparition du Calibre 9F d’une montre Grand Seiko. La précision, la lisibilité, l’esthétique et la durabilité des montres animées par ce calibre témoignent depuis longtemps des compétences technologiques et créatives de l’équipe qui les a créées. Ces qualités essentielles, que la maison horlogère lègue à chacun de ses successeurs, accompagnent Grand Seiko dans sa quête de la perfection.

Cette version simple et sans superflu reflète fidèlement le design de la première montre Grand Seiko à être équipée du calibre 9F. La simplicité pure de son design est une affirmation silencieuse de sa propre valeur. Sa précision est de +/- 10 secondes par an. Mouvement à quartz. Boîtier en acier inoxydable de 37 mm.